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Timeline

1980 1e Édition : L’étincelle de Magda Bossy

Magda Bossy, secrétaire romande d’Helvetas, souhaite organiser un événement original et inédit pour fêter les 25 ans de l’association en Suisse romande. Originaire d’Egypte et convaincue que les films peuvent être un support extraordinaire pour montrer les richesses culturelles, elle pense à donner la parole aux cinéastes du Sud. Ce qui est alors appelé sans complexe «films du Tiers-Monde» n’a droit qu’à une distribution très marginale, souvent liée à quelques grands noms comme ceux de l’Indien Satyajit Ray ou du Japonais Akira Kurosawa. Elle entre en contact avec le journaliste Yvan Stern, un passionné de 7e art qui est alors responsable de l’Office catholique du cinéma pour la Suisse romande. Ensemble, avec les encouragements de Freddy Buache, directeur et fondateur de la Cinémathèque suisse, Magda Bossy et Yvan Stern trouvent financement en alliant Helvetas avec Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain et la Déclaration de Berne. Et, entre novembre et décembre 1980, sept films en 16mm d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine (dont Antonio das Mortes du Brésilien Glauber Rocha et Baara de Souleimane Cissé) sont projetés dans les ciné-clubs de Fribourg, Lausanne, Genève, La Chaux-de-Fonds, Bienne, Sion, Neuchâtel et Delémont. L’entrée est gratuite, mais une collecte attend les spectatrices et spectateurs à la sortie, pour payer les frais. Le festival naissant est donc décentralisé et disséminé à travers la Suisse romande. Et son succès, même variable suivant les villes, appelle une seconde édition.

1983 2e Édition : La place des écoles, déjà

2e FIFF, alors appelé Festival de films du Tiers-Monde, même si l’organisation préfère parler d’un «circuit de films du Tiers-Monde». Quatre partenaires rejoignent le groupe fondateur: L’Entraide protestante, Frères sans frontières, Le Groupe des volontaires d’Outre-Mer et Magasins du Monde. Ainsi que, dès novembre 1983, deux partenaires issus de la Confédération : Pro Helvetia et le DDA, Direction de la coopération au développement et de l’aide humanitaire qui deviendra, en 1996, la DDC, Direction du développement et de la coopération. Plusieurs villes s’ajoutent au circuit : Bâle, La Tour-de-Peilz, Porrentruy, Courtelary. On projette 18 longs métrages produits dans le Tiers Monde. 77 projections ont lieu. Lors du bilan, en février 1984, il est décidé d’un rythme bisannuel. Mais surtout, il faut trouver le moyen, malgré l’éparpillement des lieux, de donner un caractère d’événement au lancement de la manifestation, de la concentrer sur une ou deux semaines dans une ville qui servirait de point de départ avec des invitations pour les cinéastes des pays du Sud, ainsi que la naissance d’une vraie ambiance festivalière et d’une formule où les écoles auraient une meilleure place. Comme Lausanne et Genève possèdent déjà une large offre culturelle, il est décidé, entre Bienne et Fribourg, que ce sera Fribourg, la moins privilégiée en manifestations cinématographiques. Magda Bossy dirige la part administrative et l’organisation de son bureau d’Helvetas à Lausanne, tandis qu’Yvan Stern, des bureaux de l’Office catholique du film à Fribourg, s’occupe de la programmation. Ils sont seuls, aidés par quelques collaborateurs, tous bénévoles, dont le futur directeur artistique Martial Knaebel qui, dès l’édition de 1980, a participé à préparation de la salle St-Pierre et de ses projections à Fribourg.

1986 3e Édition : L’ancrage à Fribourg

20 au 29 janvier 1986. Sous la houlette du comité de patronage de neuf organisations, avec un secrétariat partagé entre Yvan Stern et Martial Knaebel, un comité d’honneur a été créé, présidé par Pierre Aubert, chef du Département fédéral des affaires étrangères. Un catalogue complet accompagne un nouvel effort d’information. Et surtout, le Festival, grâce à l’enthousiasme de l’exploitant Marc Salafa, prend ses quartiers dans une vraie salle de cinéma, au Rex, pour une dizaine de jours, avant que les films circulent ensuite à travers la Suisse romande dans le même circuit non commercial qu’auparavant. Il y a deux sections: une sélection officielle pour compétition et une sélection «information». Une compétition est créée, couronnée par un Prix d’aide à la distribution qui doit contribuer à la diffusion du film dans le circuit commercial. Le premier vainqueur est Wend Kûuni de Gaston Kaboré (Burkina Faso, 1982), qui concourt notamment avec Sembène Ousmane (Emitaï), Souleimane Cissé (Finye), Haïle Gérima (La Moisson de 3000 ans) ou encore Lino Brocka (Bayan Ko). Après l’angoisse de ne voir qu’une dizaine de personnes à la première séance, les salles se sont ensuite remplies au point de pousser l’organisation à programmer des supplémentaires. Le Festival était né, sous les yeux de son initiatrice, Magda Bossy, alors membre du tout premier jury. A Fribourg pendant dix jours, puis dans la douzaine de villes qui ont repris certains des films, plus de 8’000 spectatrices et spectateurs se sont réparti-e-s sur 96 séances. Un succès public et médiatique (particulièrement en Suisse alémanique) qui dépasse tous les espoirs.

1988 4e Édition : Naissance de l’Association

Dès juin 1987, Yvan Stern a plaidé auprès du comité de patronage pour la création d’une association de soutien au Festival: il fallait rédiger des statuts pour recevoir des subventions. Le 28 septembre 1987 au Rex, l’assemblée générale constitutive de l’Association de soutien Festival de films du Tiers Monde a lieu. L’Association est explicitement francophone et a comme objectifs de favoriser le dialogue entre toutes les cultures, de faire connaître en Suisse les cinématographies du Sud et de promouvoir leur diffusion. Le 20 octobre 1987, les organes de l’Association sont approuvés avec les statuts: assemblée générale, comité de patronage, comité d’honneur, bureau exécutif et commission de vérification des comptes. Forte de cette structure, l’édition 1988 est aussi l’année où le Festival résout pour un temps le problème de la diffusion des films dans le circuit commercial. Le journaliste Bruno Jaeggi vient en effet de créer une fondation à but non lucratif qui a pour objectif de distribuer en Suisse et archiver les films de qualité en provenance du Tiers Monde : Trigon-Film. Cette parenté évidente avec les objectifs du Festival mène Yvan Stern, qui souhaite éviter une situation de concurrence, à une collaboration avec Trigon-Film qui a la force de frappe pour diffuser les films de Fribourg, tandis que le Festival va projeter des films de Trigon-Film. Le Festival grandit, mais l’organisation ne souhaite pas exagérer: le budget de la 4e édition est de 62'300 francs et on prévoit un déficit similaire à celui de la 3e édition, soit environ 20'000 francs. Du 11 au 20 janvier 1988, le Festival présente 27 longs métrages à Fribourg, puis dans le circuit romand. Les œuvres sont réparties en trois sections: Compétition, Information, Courts métrages, avec un accent particulier à la Chine et à Taïwan. Le Prix d’aide à la distribution, qui aurait pu s’appeler Prix de la Ville de Fribourg puisque les 10'000 francs sont parrainés par la municipalité, revient, ex aequo, à Dao Ma tse de Tian Zhuangzhuang (Tibet, Chine 1985) et Yeelen de Souleimane Cissé (Mali 1987). A Fribourg et dans le reste de la Suisse, 16’217 spectatrices et spectateurs, soit le double qu’en 1986, assistent à 164 projections.

1990 5e Édition : L’effacement de «Tiers Monde»

La 5e édition marque les 10 ans du festival et la formule «Tiers Monde», trop connotée de misérabilisme selon les cinéastes, est abandonnée. On parle désormais de Festival de films de Fribourg, avec, comme sous-titre, «Afrique, Asie, Amérique latine». Un budget indicatif de 205'000 francs a été approuvé par le comité de patronage en mai 1988. Le comité a aussi décidé de ne pas recourir à du sponsoring privé. Le circuit, lui, doit cette fois toucher la Suisse alémanique aussi (Zurich, Lucerne, Bâle ou encore Berne), car une première expérience en 1988 avait connu un grand succès à Zurich, et la manifestation devient donc d’envergure nationale. Il faut désormais éditer le catalogue en français et en allemand. Mais l’expansion alémanique est un échec qui coûte trop cher au festival, qui gère l’essentiel de l’organisation, et est bientôt abandonnée. A Fribourg, 12 films sont présentés en Compétition. De nouvelles récompenses font leur apparition aux côtés du Prix d’aide à la distribution: un Prix Trigon et un Prix du public. La section Information existe toujours. S’y ajoutent des projections spéciales hors compétition, une rétrospective sur Sarah Maldoror, la première femme cinéaste africaine, ainsi que des courts métrages africains. Piravi, de Shaji N. Karun remporte le Prix d’aide à la distribution et le Prix du public. Pendant dix jours, c’est la stabilisation: 6'400 spectateurs assistent à 70 projections d’une cinquantaine de films. Une dizaine de cinéastes a pu faire le déplacement. A la fin de l’édition, Magda Bossy décide de laisser la présidence de l’Association de soutien à Yvan Stern, lequel cède la direction du Festival à Martial Knaebel. Le comité de patronage décide de passer du rythme biannuel au rythme annuel et de créer un bureau à Fribourg (direction, administration, secrétariat). Mais il fallait un peu de temps pour l’organiser: l’annuel commencerait dès 1992.

1992 6e Édition : Martial Knaebel à la direction

Outre le Festival du 27 janvier au 5 février à Fribourg, le circuit dans les villes suisses continue à exister malgré la naissance de manifestations, un peu partout, qui cultivent le même créneau. Ce circuit s’appelle alors «Festival de films Asie-Afrique-Amérique latine» suivi du nom de la ville ou de la salle. Compétition, hors compétition, courts métrages, documentaires, mais aussi hommage au cinéaste philippin Lino Brocka, ainsi qu’un vrai programme scolaire: ce sont près de 70 films qui sont programmés. Grâce aux appuis de la DDA (future DDC, de Pro Helvetia, de la Loterie romande, de la Commission fédérale du cinéma et, entre autres, de la Ville et du Canton de Fribourg, le Festival se professionnalise: le directeur Martial Knaebel peut s’adjoindre deux assistantes, Ingrid Kramer et Dominique de Rivaz. A leur côtés, Yvan Stern s’occupe des relations publiques et aide la sélection, tandis que Magda Bossy est responsable de l’accueil. Deux nouvelles compétitions sont créées - l’une pour les courts métrages, l’autre pour les documentaires (enlevée par Lumumba, de l’Haïtien Raoul Peck) -, et celle des longs métrages est remportée par la Vietnamienne Viet Linh (Ganh Xiec Rong, Prix d’aide à la distribution), le Tadjik Bakthyar Khudoynazarov (Bratan, Prix Trigon-Film) et le Turc Ömer Kavur (Gizli Yüz, Prix du public) Cette 6e édition présente, à Fribourg et au-delà, pas moins de 453 projections dans 15 villes différentes. En Suisse romande, on compte près de 20'000 entrées (dont, à Fribourg, 2'000 de plus que l’année précédente). Sur un budget de 400'000 francs, le déficit n’est, certes, que de 5'000 francs environ, mais l’absence de sponsors privés commence à se faire sentir. Et le manque d’appuis de la part des autorités des villes où passe le Festival de Films Asie-Afrique-Amérique latine, par rapport à l’immense engagement consenti par l’équipe, pousse à revoir la formule à la baisse avec un nombre de films plus modeste.

1993 7e Édition : Reconnaissance de l’Unesco

Le Festival reçoit, à l’automne 1992, une reconnaissance internationale de l’UNESCO: le Label de la Décennie Mondiale du Développement culturel. Pour la première fois, tous les cinéastes sont invités à participer et l’administration prévoit l’engagement d’auxiliaires (secrétaire, attachée de presse, opérateur et coursier) quatre mois avant le début de la 7e édition qui a lieu du 17 au 24 janvier. Sept jours au lieu de dix. C’est en effet une édition de la raison autant que de la professionnalisation: moins de films dans le circuit des villes suisses renommé une nouvelle fois (Les Films du Sud, sur un mois au lieu de deux), mais davantage à Fribourg-même. Aux compétitions de fictions, de documentaires et de courts s’ajoute un hommage à l’Indien Satyajit Ray, une rétrospective du Sud-Coréen Lee Chang-ho et un focus sur l’Ecole de cinéma de San Antonio de Los Banos de Cuba. Le prix principal est attribué ex-aequo au Chinois Li Shaohong (Xuese Qingchen) et au Syrien Mohammed Malas (Al Leil), tandis que le Chilien Ricardo Larrain gagne le Prix Trigon-Film (La Frontera) et l’Argentin Adolfo Aristarain le Prix du public (Un Lugar en el mundo). Les trois salles du Rex sont utilisées intensivement et la fréquentation augmente de 10% pour atteindre le seuil des 10'000 entrées. La question de l’intervention du sponsoring privé et de sa cohérence avec l’éthique du Festival est à nouveau débattue.

1994 8e Édition : Des statuts professionnels

Un changement de statuts est devenu nécessaire et, par-delà l’édition qui se déroule du 30 janvier au 6 février, occupe les discussions du début d’année: le 30 mars 1994, tandis que le comité d’honneur est désormais présidé par la Conseillère fédérale Ruth Dreifuss, l’assemblée générale les vote, annulant ceux de 1987. Il s’agit essentiellement d’améliorer le professionnalisme, notamment en permettant au directeur Martial Knaebel d’être dispensé de certaines obligations administratives pour pouvoir voyager davantage. La structure, sur suggestion de Paul Jubin, président de l’Association de soutien, est divisée en trois niveaux: l’assemblée générale; le comité exécutif; la direction et le secrétariat exécutif. Entretemps, l’édition 1994 bat tous les records : les compétitions, une section intitulée Regards croisés, une rétrospective des œuvres indiennes de G. Aravindan et un hommage à Hou Hsiao-Hsien (qui remporte même le Prix d’aide à la distribution avec son nouveau film, Le Maître de marionnettes, ex-aequo avec Kosh Ba Kosh du Tadjik Bakhtiar Khudoynazarov) attirent, dans quatre salles de Fribourg et à travers les 19 villes du circuit Les Films du Sud, environ 25'000 spectateurs (15% de plus qu’en 1993). Sur un budget qui atteint désormais 720'000 francs, ce succès n’empêche pas un déficit de 34'000 francs. Il est décidé d’une gestion interne plus rigoureuse et d’une recherche de nouveaux appuis.

1995 9e Édition : Premiers sponsors privés

Le festival est déplacé de janvier à mars, du 5 au 12, afin, notamment, d’être moins proche des Journées de Soleure. Deux Cubains, Fernando Pérez avec Madagascar et Daniel Diáz Torres avec Quiereme y verás, se partagent le Grand Prix (le Prix d’aide à la distribution disparaît, ainsi que le Prix du documentaire) et le Jury attribue pour la première fois un Prix spécial (Charadar de l’Indien Buddhadeb Dasgupta). A la section parallèle Regards croisés s’ajoutent une rétrospective sur le Cubain Tomás Gutiérrez Alea, un hommage au cinéma mongol. Au total, plus de 70 films en huit jours. Les entrées à Fribourg-même frôlent les 12'000 spectateurs (11'700 en 1994). Outre les financements de la Confédération (23% via Pro Helvetia, l’Office fédéral de la culture et la DDA, future DDC), des cantons et communes (9%), de la Loterie romande et des organisations de patronage (27%) et des recettes propres (41%), deux partenaires économiques privés rejoignent pour la première fois l’aventure du Festival: l’entreprise Burrus (Parisienne) et Telecom. Cette arrivée et la recherche d’autres sponsors provoquent des débats intenses, particulièrement lors de l’assemblée générale du 1e juin 1995. Autre crise de croissance, l’accueil des Films du Sud par le groupe Métrociné à Lausanne et Genève suscitent des remous et la moitié des habitué-e-s boude les séances dans ces villes.

1996 10e Édition : La visibilité en ville

Sous la houlette du nouveau président Jean-Paul Rüttimann, responsable des relations publiques, un lien nouveau se noue avec l’Office du Tourisme de Fribourg et le Festival gagne une visibilité dans les vitrines de certains commerces. Dans l’équipe, plusieurs changements interviennent: si Dominique de Rivaz (relations de presse) et Ingrid Kramer (secrétariat avec Roberta Wullschleger) accompagnent toujours le directeur Martial Knaebel, Anne-Sophie Cosandey, notamment, remplace Philippe Clivaz à l’organisation du circuit Films du Sud. La 10e édition, du 3 au 10 mars 1996, propose un programme très riche avec, outre les courts et longs métrages hors et en compétition, un programme de courts métrages argentins, un autre de courts d’animation mexicains signés Carlos Carrera, une rétrospective du Bolivien Jorge Sanjinés et un Panorama du cinéma d’Azerbaïdjan. L’Argentin Eliseo Subiela remporte le Grand Prix avec Ne me meurs pas sans me dire où tu vas et le Taïwanais Hou Hsiao Hsien est à nouveau primé à Fribourg (Prix spécial du jury pour A la Croisée des destins). Avec, en tout, 139 projections dans cinq salles dont les séances scolaires, le Festival enregistre 13'000 entrées. Mais les comptes financiers ne suivent pas le mouvement.

1997 11e Édition : On serre la ceinture

Le déficit de la 10e édition a contraint l’organisation à une restriction du budget : baisse des salaires, des frais, ou encore du nombre de films (70 au maximum contre 110 en 1996). Un nouveau comité exécutif a pris place et un professionnel est engagé pour la recherche de sponsors. Malgré ces conditions et grâce à une extension du Festival à Bulle, la formule resserrée qui se déploie du 2 au 9 mars touche 14'000 spectatrices et spectateurs. Le programme est resté varié, avec, outre les films en et hors compétition, un focus du la Nouvelle vague sud-coréenne, un panorama d’Afrique du Sud et une rétrospective Adoor Gopalakrishnan. Et c’est un Chinois, Zhang Ming, qui remporte le Grand Prix avec Wushan Yunyu: In Expectation.

1998 12e Édition : «International»!

La manifestation marque son développement en ajoutant «international» à son nom. Et le Grand Prix du FIFF (Festival International de Films de Fribourg) devient le Regard d’or, concrétisé par une œuvre originale du sculpteur fribourgeois Jean-Jacques Hofstetter. Du 1e au 8 mars, le festival s’étend de Bulle et Fribourg jusqu’à Guin. Et les scolaires prennent de l’ampleur, permettant à des centaines d’élèves de Fribourg, mais aussi Lausanne ou Berne, de découvrir des cinématographies inconnues à leurs yeux. Une nouvelle fois dans l’histoire du Festival, le Grand Prix ou Regard d’or est partagé entre deux films: Qui diable est Juliette? de Carlos Marcovich (Mexique) et Pizza, bière et cigarettes d’Adrián Caetano et Bruno Stagnaro (Argentine). La sélection, qui accueille un Panorama du cinéma de Hong Kong (1966-1996) et une Rétrospective El Tango en el Cine (1933-1944), connaît un grand succès avec 20'000 entrées (50% d’augmentation par rapport à l’année précédente). La formule des Films du Sud a changé : le Festival achète huit copies qui pourront être diffusées librement. Organisé par Passion Cinéma, le circuit connaît un immense succès : 11'000 spectatrices et spectateurs dans 25 villes, et plus de 2'000 élèves lors des scolaires.

1999 13e Édition : Plus de 20'000 visiteurs

Du 7 au 14 mars, le Festival, qui a perdu son sponsor Swisscom, mais a gagné le Crédit Suisse pour une somme moindre, ressent le besoin de clarifier ses liens avec Trigon-Film, dont les films ne devraient pas faire doublon avec ceux des Films du Sud et dont l’influence pour la diversité devrait s’exercer davantage en Suisse alémanique, tandis que le Festival serait la tête de pont en Suisse romande. Simultanément, l’un des événements de cette édition remportée par Abderrahmane Sissoko (La Vie sur Terre, Mali/Mauritanie) et où le public attribue son prix à La Vie c’est siffler du Cubain Fernando Pérez, est une «Carte blanche, 10 ans de Trigon-Film», à laquelle s’ajoute un Panorama du cinéma des années 90 au Kazakhstan et un Hommage au documentariste brésilien César Paes. Le nombre d’entrées augmente encore de 1’000 pour atteindre 21'000. Les scolaires touchent 4'000 élèves.

2000 14e Édition : 20 ans

La 14e édition marque les vingt ans de la naissance du Festival. En octobre 1999, la DDC (ex DDA qui soutenait la manifestation depuis ses débuts), décide de devenir le sponsor principal de la manifestation avec une contribution de 175'000 francs. Du 12 au 19 mars 2000, le Festival, présidé désormais par Charles Ridoré (et marqué par l’engagement de Marina Mottin au département films, ainsi que de Marie-Claude Barbier au secrétariat général/marketing), présente une septantaine de films. Outre des focus sur le cinéma de résistance en Corée du Sud, sur les 20 ans du Festival, sur la partition du Bengale ou encore sur les films phares des cinémas arabes, la compétition est alors jugée par une bonne demi-douzaine de jury qui se sont ajoutés au fil des années : Jury international, Jury FIPRESCI de la presse internationale, Jury œcuménique, Jury de la Fondation Village d’enfants Pestalozzi, Jury FICC (Fédération internationale des ciné-clubs), Jury de la presse politique. La compétition des courts métrages disparaît. Et le Sud-Coréen Jeon Soo-il remporte le Regard d’or avec Sae Neun Paegoksuneul, tandis que l’Argentin Pablo Trapero fait la moisson de quatre autres prix avec Mondo Grua.

2001 15e Édition : Le succès de Yi Yi

Le Regard d’or attribué à Yi Yi du Taiwanais Edward Yang restera comme l’un des plus grand succès hors festival pour un film présenté en première au FIFF. Cette 15e édition voit aussi le Chinois Jia Zhangke récompensé pour Zhan Tai. Walter Rugo prend en charge l’administration. L’édition propose en sections parallèles deux focus: «Le cinéma latino-américain de rupture» et «Le jeune cinéma africain».

2002 16e Édition : Une directrice aux commandes

La structure du festival change. Martial Knaebel, directeur depuis 1990, devient directeur artistique et Walter Rugo prend en charge l’Administration, tandis qu’une directrice est nommée: Rachel Bruhlart. Comme ce sera le cas jusqu’à sa dernière édition en 2007, Martial Knaebel partage avec ses collègues, dans le catalogue, l’espace éditorial qui lui est habituellement dévolu. Le Sud-Coréen Park Kiyong remporte le Regard d’or avec Nakta(dul) dans une compétition qui côtoie des sections dédiées aux «Amériques noires: images à affranchir» et à «Sud: mode d’emploi».

2003 17e Édition : Repenser la notion de Sud

Le nouveau film du Maritanien Aberrahmane Sissako, En attendant le bonheur, ouvre le Festival le 16 mars. C’est la directrice Rachel Bruhlart qui l’annonce dans l’édition du tabloïd publié par le partenaire de toujours, La Liberté. Jean-François Giovannini remplace Charles Ridoré à la présidence. 87 films sont proposés à Fribourg, Bulle et Guin. Le point marquant de la programmation, outre les sections habituelles, est une joyeuse et imposante Rétrospective: Comédies musicales. Le FIFF s’adapte aux changements sociaux et culturels extérieurs au seul cinéma. Après la notion de Tiers Monde mise entre parenthèse en 1990, celle de Sud, en opposition au Nord, commence à être repensée. C’est l’Argentine qui emporte la mise avec le Prix du public à Adolfo Aristarain pour Lugares Comunes et le Regard d’or à Carlos Sorin pour Historias Minimas.

2004 18e Édition : Une équipe de prestige

L’équipe de sélection s’est étoffée : le cinéaste Jean-Stéphane Bron, l’écrivain Christophe Gallaz ou encore la productrice Elena Tatti épaulent Martial Knaebel. Il en résulte une sélection, outre la sélection officielle, cinq sections parallèles: Argentine au cœur; 50 ans de la TSR; Pour mémoires; Regards croisés; et une Rétrospective «Cinémas d’Asie centrale» conçue par Marina Mottin. Le Péruvien Josué Mendez qui décroche le Regard d’or et trois autres récompenses avec Días de Santiago. Les entrées affichent un record : 28'000 entrées.

2005 19e Édition : L’ouverture sur le Nord

Du 6 au 13 mars, et au-delà avec le circuit des Films du Sud, le FIFF propose 101 films. Ils sont répartis sur huit sections, compétition comprise, dont un hommage au Turc Ömer Kavur, un panorama «Palestine/Israël, une mémoire suisse» et une rétrospective intitulée «Filmer l’invisible» où une œuvre de Pasolini côtoie un Tarkovski. Douze ans après avoir remporté le Prix du court métrage pour Un Certain Matin, la Burkinabée Regina Fanta Nacro gagne le Regard d’or avec La Nuit de la Vérité.

2006 20e Édition : Des changements s’annoncent

20e édition! 25e année d’existence. Toute l’équipe du Festival exulte en photo dans le catalogue, notamment la nouvelle directrice administrative Franziska Burkhardt, et cosigne l’éditorial. Dans un même élan, très FIFF dans son esprit, l’édition refuse la commémoration: aux côtés de la sélection officielle en comme hors compétition, il est question d’un hommage à l’étoile du cinéma contestataire brésilien Helena Ignez, d’un panorama «Le Cinéma iranien s’en va-t-en guerre» et d’un focus sur «Le Cinéma numérique philippin». C’est justement un Iranien, Maziar Miri, qui décroche le Regard d’or avec Be Ahestegi, et face au Philippin Lav Diaz (les 480 minutes d’Heremias obtient le Prix spécial), au Singapourien Eric Khoo triplement primé pour Be With Me, et à la Libanaise Jocelyne Saab plébiscitée par le public pour Dunia. En juillet, les travaux de transformation de l’Ancienne Gare de Fribourg débutent; ils accueilleront bientôt les bureaux du FIFF. En octobre, Martial Knaebel reçoit, au Festival international de films de Busan en Corée du Sud, le Prix du cinéma coréen attribué à une personnalité étrangère qui a contribué de manière exceptionnelle à la promotion du cinéma coréen dans le monde. En novembre, Ruth Lüthi est nommée à la présidence du FIFF. Elle aura, entre autres pains sur la planche, à gérer l’installation du Festival dans les locaux de l’Ancienne Gare. Elle doit également mener les négociations entre les exploitants de cinémas en ville puisque la société Salafa n’est plus seule: au centre-ville, un multiplexe nommé Cap’Ciné (futur Arena) sera ouvert à l’automne 2007.

2007 21e Édition : La dernière de Martial Knaebel

Première d’une série de quatre éditions où l’identité visuelle du festival se stabilise autour d’images de kaléidoscopes, cette 21e est, du 18 au 25 mars, la dernière du directeur artistique Martial Knaebel qui accompagne la destinée du Festival depuis sa naissance en 1980. Le Thaï Apichatpong Weerasethakul (déjà présent en 2002), l‘Algérien Tariq Teguia ou encore l’Argentin Ariel Rotter sont en compétition et tous primés, mais c’est le Brésilien Chico Teixeira qui ramène le Regard d’or dans son pays pour A Casa de Alice. Outre les courts métrages qui sont choisis depuis déjà quelques temps par Anne Delseth, les sections parallèles proposent une rétrospective «Taïwan: histoire de petites gens», ainsi que deux panoramas intitulés «Images de la vie urbaine» et «Au-delà de la liberté: l’identité des réalisateurs sud-africains». La tente qui tenait lieu de cœur du festival disparaît au profit de l’Ancienne Gare. Cette dernière édition de l’ère Knaebel est donc agitée et le bilan affiche pour la première fois des entrées en recul avec 26'000 entrées. Interrogée après le départ de son collègue, la directrice administrative Franziska Burkhardt annonce que le FIFF va «réfléchir avec la nouvelle direction artistique à un programme plus accessible pour le grand public», tout en gardant son orientation de base. En juin, un article de La Liberté annonce que le FIFF pourrait déléguer sa programmation faute, malgré 26 candidatures, de trouver une directrice ou un directeur artistique adéquat. Cette vacance est d’autant plus problématique qu’elle intervient au moment même où la Section Cinéma de l’Office fédéral de la culture, dirigée par Nicolas Bideau, s’apprête à redistribuer les aides aux festivals, notamment aux quatre grands dont le FIFF fait partie avec Locarno, Nyon et Soleure. Le 2 août, le Festival annonce enfin avoir trouvé la perle rare: le Français Edouard Waintrop, critique de cinéma pour le quotidien Libération. Deux jours plus tard, malheureusement, la sanction de l’Office fédéral de la culture tombe: relégation du festival en catégorie B, période test d’un an et une coupe de la subvention de pas moins de 130'000 francs (sur les 230'000 alloués les années précédentes).

2008 22e Édition : L’arrivée d’Edouard Waintrop

En un temps record de cinq mois depuis sa nomination en août 2007 et alors qu’il n’avait jamais travaillé à l’organisation d’un festival auparavant, le nouveau directeur Edouard Waintrop est en mesure d’annoncer, en janvier 2008 déjà, un programme qui répond à sa philosophie: «Pour moi, le cinéma du Sud n’existe pas. Ce qui existe, ce sont des cinémas divers et variés, où l’on trouve des genres comme le mélo, le polar ou la comédie. Tous ces cinémas doivent vivre ensemble.» «Le festival s’ouvre au cinéma de genre», tel est le titre de son premier éditorial dans le catalogue. Son péché mignon, le film noir, est d’emblée présent dans un panorama «Noir total» auquel s’ajoute un focus sur l’Atelier Varan de Kaboul, un Hommage au Sud-Coréen Lee Chang-dong, ainsi que des panoramas «Cinéma et révolution» et «L’Amour global». C’est la Malaisie qui remporte le Regard d’or avec Flower in the pocket de Liew Seng Tat. Le public plébiscite La Zona du Mexicain Rodrigo Plá, et le Chinois Wang Bing obtient trois distinctions avec He Fengming. Avec son nouveau centre de l’Ancienne Gare, de nouvelles salles de cinéma à Cap’Ciné (futur Arena) et la disparition du circuit Films du Sud devenu trop onéreux et trop concurrencé, le 22e FIFF amorce parfaitement l’ère Waintrop avec 25'500 entrées, soit juste 500 de moins que l’année précédente et malgré les tourments de l’année écoulée. En comptant les scolaires comme en 2007, le score se monte même à 27'900. En fait, l’augmentation est notable : 2'400! Edouard Waintrop, qui ne devait à l’origine que réaliser cette édition, a déjà des idées pour la suite...

2009 23e Édition : 30'000 visiteurs!

L’Office fédéral de la culture annonce finalement que la subvention plafonnera à 100'000 francs pour deux années encore. Qu’à cela ne tienne: avec un budget stable de 1,7 millions, cette 23e édition, du 14 au 21 mars, est copieuse. Le Singapourien Eric Khoo est de retour avec My Magic et décroche le Regard d’or au cœur d’une sélection qui propose une demi-douzaines de sections parallèles: Out of Bollywood; Fábulas de Favela; Hommage à Francisco Lombardi; Revanches de femmes; Le Parrain en Asie; Made in Nollywood, accompagné d’un atelier professionnel intitulé «L’Elephant a-t-il encore des couilles?» La barre psychologique des 30'000 entrées est franchie. Ouvrir au cinéma de genre tout en satisfaisant les habitué-e-s du FIFF: le pari est réussi.

2010 24e Édition : Le «triomphe de la cinéphilie»

Franziska Burkhardt l’avait annoncé dès sa deuxième édition en 2007: elle quitterait son poste de secrétaire générale sitôt les turbulences passées. En mai 2009, Esther Widmer est nommée pour la remplacer et entre en fonction en septembre pour accompagner une édition 2010 qui dépasse une nouvelle fois les 30'000 spectateurs. Edouard Waintrop, heureux d’avoir obtenu beaucoup de bons films en accord avec son désir d’ouverture, savoure le succès d’une programmation qui sacre le Géorgien George Ovashvili avec le Regard d’or et le Prix du public pour The Other Bank. Outre la compétition, les soirées spéciales et les courts métrages, le 24e FIFF se décline en un forum sur les séries TV au Proche-Orient et six panoramas: Je me balade dans Mockba; Âmes corsaires (Carlos Reichenbach et Jorge Furtado); Moi, un Noir; Les rois maudits de Corée; Reykjavík, Sofia ; et Tombeau des Yakuza (Kinji Fukasaku). Les critiques parlent de «triomphe de la cinéphilie». En mai, le cinéma Corso ferme. Le FIFF devra nécessairement se répartir entre les Rex et le Cap’Ciné (futur Arena) que certains puristes du Festival rechignent à fréquenter depuis son ouverture.

2011 25e Édition : La dernière d’Edouard Waintrop

Début septembre 2010, Edouard Waintrop annonce son départ de la direction du FIFF sitôt la fin de la 25e édition qui doit avoir lieu du 19 au 26 mars 2011: il va succéder à Ruy Nogueira à la direction du CAC-Voltaire à Genève et, bientôt, reprendre la tête de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes. Son successeur est rapidement trouvé: Thierry Jobin, journaliste du quotidien Le Temps. Celui-ci, nommé avant la 25e édition, dispose donc d’une confortable année de préparation avant sa première en 2012. En attendant, la 25e a lieu et connait un nouveau record de 32'000 entrées. L’identité visuelle du Festival a quitté les déclinaisons kaléidoscopiques pour entrer dans une ère graphique définie par Benedict Rohrer. Le Sud-Coréen Lee Chang-dong, célébré par un hommage lors de la première édition d’Edouard Waintrop quatre ans plus tôt, boucle la boucle waintropienne en remportant le Regard d’or avec Poetry. Sept panoramas révèlent les secrets du cinéma géorgien, de la musique noire au cinéma, de l’Argentine Lita Stantic, du Da Huang Network malaisien, de la femme fatale, des portraits de terroristes ou encore d’un patchwork de films produits entre Lima et Pristina.

2012 26e Édition : Une programmation redessinée

Lors de sa candidature, le nouveau directeur artistique Thierry Jobin avait posé sur la table une redéfinition des sections du FIFF: conserver l’acquis des fondatrices et fondateurs tout en profitant de l’ouverture apportée par Edouard Waintrop, et rendre les sections parallèles plus lisibles grâce à des appellations qui reviendraient chaque année et permettraient, en appréhendant d’autres cultures à travers l’art et essai aussi bien que le film commercial, de rendre le festival plus visible pour le public comme pour les médias: Cinéma de genre, Décryptage (section thématique), Diaspora (carte blanche à un exilé), Hommage à…, Nouveau Territoire (focus sur une cinématographie en développement) et Sur la Carte de… (carte blanche classique), auxquelles s’ajouteraient du cinéma populaire pour les familles (FIFFamille) ou les amateurs et amatrices de frissons (Séances de minuit). La confiance du comité acquise, ce sont 118 films en provenance de 47 pays qui sont présentés en sélection officielle et dans ces nouvelles sections conçues comme des chapitres complémentaires, comme un carrefour de regards dans une réalité cinématographique où les cloisonnements ne sont plus aussi importants qu’autrefois. Comprendre le monde, en passant d’abord par son voisin de palier. L’Israélien Ido Fluk remporte le Regard d’or avec son road movie Never Too Late, tandis que la Brésilienne Julia Murat remporte quatre autres prix avec Histórias que Só Existem Quando Lembradas. Invité à choisir un cinéaste qu’il admire, le directeur artistique du Festival de Locarno Olivier Père désigne Ivan Passer qui fait le déplacement. La section Décryptage explore l’image de l’Islam dans le cinéma occidental. Diaspora invite le dessinateur Patrick Chappatte à dévoiler ses racines libanaises. Cinéma de genre se penche sur les déclinaisons du western sur tous les continents. Hommage à… honore le producteur suisse Pierre-Alain Meier. Nouveau Territoire découvre le cinéma du Bengladesh. Sur la Carte de… est offerte au roi de l’animation suisse Georges Schwizgebel. Malgré un temps estival, l’édition enregistre un peu plus de 30'000 entrées.

2013 27e Édition : Les visites surprises

Ruth Lüthi a laissé la présidence du Festival à Walter Stoffel. Il vit sa première édition, du 16 au 23 mars, avec un FIFF qui déploie les thèmes de l’enfance abandonnée (Décryptage), de l’Arménie à travers la carte banche à Atom Egoyan (Diaspora), du film de sport à travers le monde (Cinéma de genre), de la World Cinema Foundation de Martin Scorsese (Hommage à…), le cinéma ouzbèke (Nouveau Territoire) ou encore des films préférés du Belge Bouli Lanners (Sur la Carte de). Plusieurs personnalités font des visites surprises : le Sud-Coréen Im Sang-soo, invité choisi par la directrice du Neuchâtel International Fantastic Film Festival, mais aussi Charles Aznavour pour parler d’Arménie et Eric Cantona pour évoquer le film de sport. Le Chinois Wang Bing rafle la mise avec quatre prix dont le Regard d’or pour Three Sisters et le public plébiscite Wadjda le premier film saoudien de surcroît signé par une femme, Haifaa Al-Mansour. Les entrées atteignent le record de 36'000 entrées (4'000 de plus qu’en 2011).

2014 28e Édition : La venue des frères Dardenne

Pour la première fois de son histoire, le FIFF est soutenu par la Banque cantonale fribourgeoise. La question du financement par l’économie privée devient enfin plus concrète et l’ouverture du festival à tous les genres et tous les publics n’y est sans doute pas étrangère. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, le Festival a appris en mai 2013 que la subvention de l’Office fédéral de la culture augmente pour trois ans de 30% (à 130'000 francs pour un budget global d’environ 2 millions). Pour ne rien gâcher, deux nouvelles personnalités prestigieuses confirment leur venue en mars 2014 : les frères Dardenne. Tandis qu’ils s’emparent de Sur la Carte de…. Les autres sections, à l’exception de la carte blanche Diaspora offerte à la légende russe du hockey Slava Bykov, déclinent une coloration plutôt sombre: films catastrophe (Cinéma de genre), cinéma de Madagascar (Nouveau Territoire), crise économique (Décryptage) ou encore «Histoire du cinéma iranien par ses créateurs», un hommage sous forme de sondage auprès d’une quinzaine de réalisatrices et réalisateurs iranien-ne-s qui se verra projeté ensuite au Festival international du film d’Edimbourg en juillet 2014 et à la TIFF Cinematheque de Toronto en mars 2015. C’est une réalisatrice, la Sud-Coréenne Lee Sujin qui remporte le Regard d’or avec l’éprouvant Han Gong-ju. Et la renaissance d’une compétition de courts métrages couronne La Reina de l’Argentin Manuel Abramovich. 1'000 spectateurs s’ajoutent au record de l’année précédente pour atteindre 37'000.

2015 29e Édition : 40'000 visiteurs!

Walter Stoffel, qui a quitté la présidence du Festival en novembre 2014, est remplacé par François Nordmann. L’attentat contre Charlie Hebdo, le 7 janvier, fait planer une ombre sur la sélection, particulièrement les sections Décryptage (Pouvez-vous rire de tout?) et Hommage à… (la Syrie par Ossama Mohammed). Il est beaucoup question d’exil avec un Diaspora proposé par Tony Gatlif autour de ses racines gitanes et une section Nouveau Territoire qui explore un Tiers Monde oublié, celui montré dans le cinéma des indigènes nord-américains. Même Cinéma de genre, consacré au cinéma érotique, donne lieu à des débats combattants, notamment en présence de Jean-Marc Barr. Le Jury couronne le Mexicain Cristian Diaz Pardo et son Gonzalez, dans une compétition qui voit notamment Geraldine Chaplin faire une visite surprise au FIFF pour soutenir le film dominicain Sand Dollars dans lequel elle joue. Avec la question de la liberté au cœur de sa programmation, cette 29e édition franchit la barre que jamais aucun festival de cinéma en Suisse occidentale n’avait atteinte: 40'000 entrées. Esther Widmer, qui a géré l’administration durant six éditions couronnées de succès, décide de s’en aller. Elle est remplacée en novembre 2015 par Giovanna Garghentini Python.

2016 30e Édition : Un jubilé au féminin

«Mesdames et Messieurs, bienvenue au FIFF! Le festival où l’on peut voir des films curieux et merveilleux venus des quatre coins du monde. Le festival pour tous ceux qui aiment vraiment le cinéma. Le meilleur festival du monde, disons le. Le FIFF!» Le message vidéo envoyé par Geraldine Chaplin pour l’ouverture du 30e FIFF, en prélude (avec un autre message de Jane Campion herself!) au ciné-concert bouleversant et inoubliable du Kid de Charlie Chaplin au Théâtre Equilibre, contient un feu d’artifices de compliments! Pour autant, et au cours de son histoire, le FIFF n’a jamais cédé, lors de ses jubilés, au réflexe de l’autosatisfaction. C’est ainsi que l’édition 2016 ose plutôt un hommage global aux combats des femmes devant et derrière la caméra. Aucun festival généraliste au monde n’a jamais tenté l’aventure du tout féminin (jusqu’au jury qui a couronné Mountain de l’Israélienne Yaelle Kayam). Et cette proposition, avec les visites surprise de Marthe Keller et Sophie Hunger, rencontre un vif écho grâce à toutes les sections (Cinéma de genre: Plus féroces que les mâles; Décryptage: Et la femme créa le cinéma; Diaspora: Mira Nair et l’Inde; Hommage à Ida Lupino par Pierre Rissient; Nouveau Territoire: Être réalisatrice en Afrique; et Sur la Carte de Geraldine Chaplin). Le public accourt: de 30'000 entrées en 2012, cette édition 2016 a permis de comptabiliser 42'000 entrées dont 38'000 comptées uniquement à l’entrée des salles!

2017 31e Édition : Encore des nouveautés

Le FIFF a tant évolué qu’il est temps de lui trouver une nouvelle identité visuelle. L’agence fribourgeoise Asphalte Design remporte la mise au concours et le bleu roi de sa première affiche envahit Fribourg. Le menu voit se côtoyer des perles africaines, latino-américaines et asiatiques (Compétitions internationales : Courts et Longs métrages, dont les vainqueurs sont, respectivement, Salam du Libanais Raed Rafei et Apprentice du singapourien Boo Junfeng), des découvertes népalaises (Nouveau Territoire), des raretés égyptiennes (Diaspora), des évocations fantomatiques (Cinéma de genre), une interrogation sur l’art du cinéma (Décryptage) ou encore des salves américaines des années 50-60 qui ricochent sur l’Amérique de Donald Trump (Sur la carte de l’écrivain Douglas Kennedy). La critique est conquise : «L’auteur de ces lignes, écrit le journaliste Eric Steiner dans le quotidien La Liberté, aurait bien voulu trouver quelque chose à ­redire, histoire de démontrer un esprit critique affûté. Eh bien, ce ne sera pas pour cette fois, tant cette 31e édition avait de quoi satisfaire le spectateur le plus exigeant, aussi bien par le niveau d’ensemble des films en compétition que par l’originalité des différentes ­sections parallèles.» Et le FIFF de s’affirmer aussi comme un rendez-vous pour la relève suisse. Un an après avoir créé un jury pour les courts métrages composé d’étudiants des hautes écoles de cinéma suisses (Jury Réseau Cinéma CH), le festival invente le Prix Visa Étranger. Il s’agit d’inverser l’habituel jugement du « Nord » sur le « Sud » : les écoles suisses envoient des courts métrages qui sont soumis à la sagacité des invités de la section Nouveau Territoire. Et c’est ainsi que des cinéastes népalais se retrouvent face à des œuvres d’aspirants réalisateurs helvétiques 

Festival International de Films de Fribourg

32e 16 > 24.03 2018

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